A l'arrière des berlines, on devine des monarques et leurs figurines, juste une paire de demi-dieux livrés à eux. Ils font des p'tits. Il font des envieux. A l'arrière des dauphines, je suis le roi des scélérats. A qui sourit la vie ? Marcher sur l'eau. Eviter les péages. Jamais souffrir. Juste faire hennir les chevaux du plaisir. Osez osez Joséphine, osez osez Joséphine, plus rien n's'oppose à la nuit.
Et ces quelques mots d'Alain Bashung retentissent comme un écho. Delphine de Vigan tourne une nouvelle page à sa vie d'auteur, après son best Seller No et moi en 2008, Heures souterraines en 2009, et d'autres ouvrages très remarqués elle nous dresse le portrait de sa Lucile, sa mère. « Je ne sais plus quand est venue l’idée d’écrire sur ma mère, autour d’elle ou à partir d’elle. » Pourtant qu'il est difficile et délicat d'écrire sur sa mère. Il fallait oser comme le dit Bashung ... pour s'attaquer au sujet qui a inspiré tant de plumes. C'est sa recherche, son étude, ses doutes qu'elle nous offre et joint au récit de sa vie avec tout ce qu'elle comporte de plus passionnant. A travers ses yeux, dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.
Rien ne s'oppose à la nuit. Delphine de Vigan. Editions JC Lattès, 19 euros, 400 pages.
Ils avaient tout pour être heureux, et pourtant c'est le récit de vies passées à coté du bonheur que nous conte Delphine de Vigan. Une famille si joyeuse en apparence au départ qui se brise peu à peu "marche sur l'eau, évite les péages". L'auteur commence par nous raconter l'histoire de ses grands-parents, ses oncles. Arrive les décès, les suicides, les violences physiques et verbales. C'est avec respect, pudeur et amour qu'elle raconte le traumatisme de Lucile, sa mère, allant jusqu'à la folie et l'autodestruction. Un douleur qu'elle et sa soeur portent au plus profond d'elles.

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